N’Djamena, capitale du Tchad, attire une population croissante mais peine à s’approvisionner en produits maraîchers. Afin de développer la culture maraîchère sur 2000 hectares à la périphérie de la ville, l'AFD soutient le projet du Bahr-Linia qui prévoit un meilleur accès à l'eau via l'aménagement hydraulique d'un bras mort du fleuve Chari.
Contexte

N’Djamena attire une population croissante mais peine à s’approvisionner en produits maraîchers. Ceux-ci viennent du Cameroun et des rives du lac Tchad à un prix élevé. De ce point de vue, la capitale est faiblement ancrée dans son territoire. La disponibilité en fruits et légumes frais est limitée et les carences alimentaires sont fréquentes, même en ville. Aussi, les paysans périurbains profitent peu de la présence du marché qu’est la capitale. N’Djamena est située dans une zone deltaïque, où le Chari et le Logone serpentent vers le lac Tchad. Les anciens lits de ces fleuves trouvent leur hydraulicité (rapport du débit mensuel comparé à la moyenne interannuelle) lors des crues exceptionnelles du fleuve. Le Bahr Linia permettait jusqu'à récemment des activités diversifiées (agriculture irriguée, stationnement du bétail et pêche). Actuellement, le remplissage du Bahr est trop rare (une année sur trois voire sur quatre) pour envisager des investissements durables dans l’agriculture.

Descriptif

Le projet d’aménagement hydro-agricole du Bahr Linia consiste à remettre en eau le Bahr Linia neuf années sur dix  pour permettre le développement de productions maraîchères et arboricoles irriguées à haute valeur ajoutée. Une remise en eau d’un premier tronçon de près de 40 km, s’étendant de la prise dans le Chari jusqu’au village de Linia, permettrait d’irriguer 2000 à 2500 ha de terres agricoles, avec 1000 ha de cultures en contre-saison froide, et de diversifier les productions ; Un second tronçon, d’environ 30 km, sera envisagé par la suite jusqu’au village de Karkam. Cette remise en eau du Bahr-Linia permettra aux paysans de Linia d’investir dans des moyens de production durables pour approvisionner la capitale en produits maraîchers et fruitiers. N'Djamena retrouvera ainsi un ancrage dans son territoire.

Impacts

La mise en valeur d’une zone périurbaine dans une logique de production agricole à haute valeur ajoutée, d’élevage et de pisciculture, destinée aux marchés de la capitale permettra la création de nombreux emplois tout en sécurisant l’accès au foncier ; Le retour des éleveurs auprès du Bahr permettra un approvisionnement régulier en produits d’origine animale (lait, viande) à destination de la capitale, contribuant ainsi à la diversification des sources protéiques à moindre coût.

12/10/2011
Date de début du projet
30/09/2017
Date de fin du projet
6 ans
Durée du financement
Linia
Localisation
Outils de financement
Ministère tchadien de l'Aménagement du territoire de l'Urbanisme et de l'Habitat
Bénéficiaires